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Référent FPH : Julien Woessner Montant : 200 000

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Fiche Action

Développer un espace collaboratif sur la gestion des territoires

Résumé
Favoriser l’émergence d’une nouvelle pensée sur le territoire « brique de base » de la gouvernance. Favoriser les échanges d’expériences, la constitution et la défense d’approches nouvelles en matière d’action et de politique territoriale.Appui à la création d’un site ressource intitulé CTG: Cité, Territoire, Gouvernance
Synthèse
En ce début de XXIème siècle, la crise écologique, la fragilité des cohésions sociales et les tensions internationales mettent en évidence la nécessité de redonner du sens et de la valeur à la notion de « relation »: relation entre l’individu et la société, relation entre l’homme et la biosphère, relation entre les sociétés, relations entre acteurs multiples capables d’inventer la gouvernance adaptée aux défis qu’ils rencontrent. Le territoire, compris comme un système de relations, comme un espace d’intégration essentiel des dimensions économique, sociale et écologique apparaît comme le lieu le plus approprié pour expérimenter ces relations. C’est en cela qu’il est pressenti comme la « brique de base » de la gouvernance de demain.
Bien des innovations existent qui reposent sur ces constats mais souvent isolées les unes des autres et mal reliées à une nouvelle représentation et à une nouvelle doctrine des territoires. L’objectif est de mettre en relation les territoires innovants pour renforcer les échanges et les bonnes pratiques et de faire émerger une nouvelle école de pensée.
La gouvernance territoriale et urbaine, en particulier la gestion des grandes villes, est un des grands défis de notre temps. C’est aussi un des domaines privilégiés d’articulation de la diversité et de l’unité : chaque territoire, chaque ville est unique mais en même temps ils peuvent apprendre des réussites et des échecs de la gestion des autres. C’est donc, ne serait-ce que par le nombre de cas susceptibles d’être étudiés, par le nombre de dimensions de la gestion de chaque territoire, un domaine d’élection pour des réseaux internationaux d’échange d’expériences.
Diverses tentatives ont montré combien il était difficile de faire une fiche d’expérience solide sur la gouvernance urbaine et territoriale, d’être même en mesure d’en exposer le contexte, qui porte à la fois sur la situation physique, les différentes dimensions de la gestion, l’exercice du pouvoir, avec l’avouable et l’inavouable, le jeu des multiples acteurs, l’interaction des facteurs physiques, techniques, culturels et politiques.
Pour ces raisons, la création d’un site web de référence sur la gestion territoriale et urbaine demande la mobilisation de réseaux internationaux et de moyens substantiels que la fondation ne saurait réunir seule. D’où les axes d’action de 2010 – 2011 :
poursuivre le recensement des réseaux de collectivités locales et de centres de recherche avec lesquels s’allier dans la construction de systèmes d’échange d’expériences répondant à leurs propres besoins ;
rechercher des appuis institutionnels prêts à mobiliser à la fois expertise et financement ;
former des équipes techniques susceptibles de construire des sites ressources que l’on connecterait entre eux ;
développer, notamment avec des centres universitaires, des apprentissages d’élaboration de fiches d’expériences et d’analyse transversale d’un ensemble de fiches.
appuyer la création et le développement du site CTG « Cité, Territoire et Gouvernance », comme prototype de site ressource sur la gouvernance territoriale et urbaine.
Voir l'historique
La FPH a accompli un grand travail théorique depuis plus de 20ans, capitalisant les résultats de rencontres multi-acteurs et des réflexions plus personnelles. Il en résulte un corpus de concepts originaux et la conviction que les territoires seront les acteurs-clés de la construction d’une gouvernance adaptée aux défis actuels. En 1996 par exemple, une rencontre internationale du chantier Gestion intégrée des territoires créé dans le cadre de l’Alliance pour un monde responsable, pluriel et solidaire, a lancé la Déclaration de Jonquère (Canada) proclamant la nécessité de s’appuyer sur des approches territoriales pour inventer une société durable et affirmant que le territoire serait la brique de base de la gouvernance du 21è siècle.
Partant du constat que malgré des intuitions communes sur la place des territoires, les réseaux porteurs d’idées novatrices s’ignoraient mutuellement, la fondation, dans la période 2004-2007, s’est efforcée de faciliter la connexion entre eux. D’où l’idée d’alliance internationale pour une nouvelle approche des territoires. Cette connexion s’est avérée plus difficile que prévu et, surtout, n’a pas trouvé de relais ou simplement de soutien institutionnel et de leader, permettant de concrétiser cette idée d’alliance. L’action s’est donc limitée à des travaux d’approche et d’identification des réseaux et pôles de réflexion en français, anglais, puis en espagnol. Elle a également mis à profit différents évènements internationaux pour diffuser ses convictions et le cahier de proposition de l’Alliance pour un monde responsable, pluriel et solidaire.
Le bagage théorique que la FPH apporte au débat sur les territoires est de plus en plus en phase avec les questionnements de acteurs locaux ou internationaux, et la crise de fin 2008 a créé un climat favorable à la recherche d’alternatives au système ultra-libéral fortement dé-territorialisé. Quelques exemples: au niveau européen, le livre Blanc sur la gouvernance multi-niveaux rejoint pleinement la notion de subsidiarité active; plusieurs régions européennes ont lancé des démarches d’écologie industrielle et la Chine a inscrit ce principe au cœur de son programme économique; divers élus locaux (Auvergne,Grand Lyon) sont très intéressés à mettre en œuvre des agences oeconomiques territoriales, etc… Il y a de nombreux partenaires intéressants du côté des responsables institutionnels: Comité des Régions, Conseil des Communes et régions d’Europe, Convention des Maires Energie Climat, etc…
Concernant la construction d’un site ressources sur la gouvernance territoriale, les efforts ont été très nombreux pour se rapprocher des réseaux de villes et pour confronter les expériences. Citons en vrac et sans souci d’exhaustivité : les travaux menés dans les années 90 pour penser la coproduction de l’habitat et des quartiers avec les pouvoirs publics et avec les habitants (voir à ce sujet le travail de l’Alliance Internationale des Habitants – Q20803) ; le travail avec le réseau des villes africaines dans le cadre d’Africités : les liens avec la Fédération nationale des agences d’urbanisme FNAU en France ; l’appui méthodologique apporté au congrès fondateur de CGLU - Cités, Gouvernements Locaux Unis - la nouvelle association mondiale des villes ; l’appui au centre de recherche et de développement de Shanghai pour la création d’un site ressources sur la gestion des villes ; le développement dans le cadre de l’Alliance pour un monde responsable, pluriel et solidaire d’un chantier « territoires » qui a permis de réunir des expériences sur le thème de la ville du territoire et du développement durable.
A cet effort de travail avec des réseaux se sont ajoutées différentes tentatives pour soutenir des pôles universitaires ou d’experts capables de construire des fiches d’expériences utiles : avec les réseaux précités mais aussi avec des centres universitaires comme l’Institut d’urbanisme de Paris ou encore des réseaux d’experts comme Urbanistes du monde.
Aucune de ces tentatives n’a, à ce jour, été véritablement concluante. La plupart des réseaux de villes ont des groupes de travail et des sessions d’échange mais ne sont pas engagés dans un effort durable de construction d’une base d’expériences. Les étudiants n’ont pas assez d’expérience concrète pour aller facilement à l’essentiel. Les réseaux d’experts sont handicapés par la difficulté à parler de la réalité des rapports de pouvoir. Dans la coopération internationale, les démarches de coopération décentralisée, de ville à ville, dominent la scène et ne conduisent pas spontanément à une large mutualisation de l’expérience. Le contraste est fort entre l’énergie, le temps et probablement l’argent consacrés à des rencontres, colloques et échanges d’expériences et l’absence de capitalisation systématique de ces efforts.
Ajoutons à cela qu’il est plus facile de construire des réseaux d’échange sur des questions techniques ou circonscrites -la gestion de l’eau, de la sécurité, des transports urbains, du logement…- que de renouveler les cadres de pensée pour aborder les questions d’économie urbaine, de métabolisme territorial, de rapport entre le local et le mondial, d’articulation des échelles de gouvernance.
Le travail de l’équipe CTG se veut un moyen de poser des bases concrètes pour valoriser ce qui existe sur DPH, la Coredem, chez les partenaires proches de la FPH. C’est un premier pas, à relier aux démarches existant ailleurs, en utilisant notamment la nouvelle capacité de liaison offerte par la Coredem.